Comment l’Église doit-elle agir face à un leader national narcissique ?
Apr 04, 2025
En observant la situation politique actuelle aux États-Unis, une question m’est venue :
« Comment l’Église devrait-elle agir face à un leader national qui manifeste un comportement narcissique ? »
Je suis convaincu qu’elle ne doit ni céder à la peur, ni flatter le pouvoir, ni se compromettre. Elle est appelée à répondre avec sagesse, courage et fidélité à l’Évangile.
Dans l’un de ses discours, le Dr Martin Luther King Jr., défenseur des droits humains, a déclaré : « L’Église doit être rappelée qu’elle n’est pas le maître ou le serviteur de l’État, mais plutôt la conscience de l’État. Elle doit être le guide et la critique de l’État, jamais son outil. Si l’Église ne recapture pas son zèle prophétique, elle deviendra un club social sans importance et sans autorité morale ou spirituelle. »
Voici six manières concrètes dont l’Église peut répondre à un leader narcissique :
- Conserver sa voix prophétique
L’Église ne doit pas devenir l’écho du pouvoir, mais la conscience de la nation.
À l’image des leaders spirituels de l’Ancien et le Nouveau Testament, le leadership chrétien d’aujourd’hui est appelé à dénoncer l’injustice, l’arrogance, l’intimidation et la corruption, même si ces valeurs vont à l’encontre de la culture dominante.
En résumé, l’Église doit enseigner la vérité avec courage, refuser de bénir ce que Dieu désapprouve et demeurer fidèle à la Parole de Dieu plutôt que de desservir des intérêts politiques.
- Former des disciples solides et perspicaces
Les leaders narcissiques prospèrent dans un climat où les citoyens sont naïfs ou séduits par un message « messianique ». L’Église a la responsabilité de former des croyants matures, capables de discerner entre charisme et caractère, séduction et vérité.
Elle doit également apprendre à reconnaître les leaders qui se présentent comme des « sauveurs providentiels ». Ce type de messianisme politique est souvent nourri par un culte de la personnalité et amplifié par un populisme émotionnel. Ce genre de figure détourne l’espérance des gens vers un homme au lieu de Dieu, ce qui est profondément dangereux.
- Protéger les plus vulnérables
Pour réaliser leurs visions de grandeurs, les leaders narcissiques taxent les gens à l’extrême et négocient un soulagement des pressions financières avec ceux qui leur promettent leur loyauté. C’est carrément de l’intimidation et du chantage. Lorsque l'image est tout ce qui compte pour un leader, aucun prix n’est trop élevé pour atteindre son objectif, en particulier quand ce sont les autres qui en paient les frais.
Les dirigeants politiques narcissiques s'entourent d'oligarques (régime politique ou l'autorité est entre les mains de quelques personnes ou familles puissantes) qui s'enrichissent en déconstruisant la démocratie. Ils profitent du chaos en achetant, en possédant et en contrôlant des actifs. Dans le monde d'aujourd'hui, la richesse est de plus en plus générée par la possession et le contrôle d'actifs plutôt que par la production, la création ou le service. Cette forme de vie économique - le capitalisme rentier - est en contradiction avec les principes bibliques de justice, d'intendance et d'amour du prochain.
L’Église et son leadership doivent aider le peuple de Dieu à voir, discerner et agir, dans le but de secourir ceux qui sont exploités pour nourrir les ambitions grandioses des narcissiques.
À l’image de Jésus, l’Église est appelée à être une voix pour les sans-voix et les vulnérables. Pratiquer la justice et la miséricorde, c’est soutenir activement les marginalisés et résister à toutes formes d’abus, de discrimination ou d’intimidation promuent par le pouvoir.
- Refuser l’idolâtrie politique
Quand l’Église place sa sécurité dans un chef ou un parti politique, elle perd sa mission prophétique. Comme le rappelait Dr King, l’Église ne doit jamais devenir l’outil d’un pouvoir corrompu.
Le Psaume 146.3 nous avertit : « ne mettez pas votre confiance dans les nobles, dans des humains à qui n'appartiennent pas le salut. » Le Royaume de Dieu n’est pas une idéologie politique : Il est spirituel, éternel et centré sur Jésus-Christ. L’Église doit donc refuser de confondre loyauté spirituelle et loyauté politique.
- Prier sans relâche
L’arme principale de l’Église n’est pas le pouvoir, mais la prière fervente et persévérante. Dans 1 Timothée 2:1-2, Paul nous exhorte : « Faites des prières pour tous les rois et pour tous ceux qui occupent une position d’autorité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et dignité. »
Même pour les leaders narcissiques, l’Église est appelée à intercéder, afin qu’ils soient transformés, freinés ou remplacés, selon la volonté de Dieu. Donc, prier pour la nation, pour les autorités et pour la vérité est une obligation spirituelle essentielle.
- Être un modèle alternatif de leadership
Enfin, l’Église est appelée à incarner un style de leadership tel que vécu et enseigné par Jésus. Un leadership humble, courageux, intègre et motivé par un amour sacrificiel.
Dans sa structure, sa culture et ses ministères, l’Église doit refléter la voie de Jésus et non celle de César. Elle devient alors un témoignage vivant, une lumière dans un monde souvent dominé par le pouvoir, l’orgueil et la division.
Pour conclure, l’Église se doit d’être vigilante et ne doit ni s’écraser devant le pouvoir ni se compromettre avec lui. Elle doit rester fidèle aux enseignements de Jésus-Christ, être sel et lumière et une voix prophétique dans le chaos.
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